PreciDIAB

Prise en charge innovante des patients diabétiques

Complications cardiovasculaires

Responsable : Prof. David Montaigne

Le diabète de type 2 est un facteur de risque d’insuffisance cardiaque. L’insuffisance cardiaque est une maladie évolutive caractérisée par le passage du patient à un stade de « risque d’insuffisance cardiaque » (stade A), maladie cardiaque structurelle asymptomatique ou cardiomyopathie préclinique (stade B), manifestations cliniques de l’insuffisance cardiaque (stade C) et enfin insuffisance cardiaque terminale ou réfractaire (stade D).

Il n’existe actuellement chez les patients diabétiques de type 2 aucune stratégie en prévention primaire, de suivi et monitoring cardiovasculaire centré sur la fonction cardiaque et qui permette de diminuer l’incidence de l’insuffisance cardiaque (stade C).

Nous souhaitons ainsi dans cette étude montrer que l’apparition d’une insuffisance cardiaque (≥stade B) chez les patients diabétiques de type 2 sans antécédent cardiovasculaire (stade A) peut être anticipée à l’aide de biomarqueurs biologiques et/ou d’imagerie et permettre ainsi la mise en place d’une médecine de précision, individualisée.

Complications neurovasculaires

Responsable : Prof. Charlotte Cordonnier

Le diabète de type 2 est apparu ces dernières années comme un acteur majeur au sein des facteurs de risque vasculaires et métaboliques des troubles cognitifs. Les personnes diabétiques de type 2 développent précocement des troubles cognitifs d’apparition progressive pouvant mener à la démence.

Les définitions qui sont communément utilisées dans la littérature pour le diagnostic de démence chez les sujets diabétiques sont les mêmes que pour les sujets non diabétiques. Or on sait que la vitesse de progression de la démence chez les personnes diabétiques peut-être jusqu’à 50% plus rapide que celle du déclin cognitif lié uniquement à l’âge.

Malgré de multiples facteurs de risques pouvant expliquer ce constat, chacun pris séparément ne semble avoir qu’un effet mineur ne pouvant expliquer les déficits observés chez les patients diabétiques. Nos travaux ont pour objectif de définir des marqueurs précliniques de complications neurovasculaires et du déclin cognitif chez des personnes diabétiques de type 2 afin de pouvoir leur proposer une prise en charge plus précoce et personnalisée en fonction des facteurs de risques présents.

Complications rénales

Responsable : Prof. Dominique Eladari

Les maladies métaboliques diabète et/ou obésité sont devenu la première cause d’insuffisance rénale chronique terminale dans le monde et représente à ce titre un problème de santé publique. Cependant, les patients atteints de diabète ou d’obésité ne développent pas tous une maladie rénale chronique, de plus parmi les patients montrant des signes de souffrance rénale tous n’évoluent pas vers l’insuffisance rénale terminale.

Malgré des efforts de recherche considérable un certain nombre de questions importantes restent sans réponse :

• Quels sont les patients qui vont évoluer vers l’insuffisance rénale chronique ?

• Quels sont les mécanismes responsables de cette évolution péjorative ?

• Quels sont les possibles liens entre la maladie rénale chronique des patients diabétiques ou obèses et les autres complications graves de ces deux maladies (Atteinte cardiaque, neurologique, ophtalmologique etc..) ?

Récemment, de nouvelles techniques scientifiques permettant d’analyser chez un individu l’ensemble des gènes de l’organisme et leurs produits (ARN messager et protéines), ou l’ensemble des métabolites circulants, ou l’état du système immunitaire ont été développées. Ces techniques permettent d’obtenir de très nombreuses informations sur les systèmes de l’organisme (fonctionnement des cellules, signaux permettant aux différentes cellules de communiquer, système immunitaire et inflammation, etc…) expliquant les conséquences d’une maladie. Ces techniques appelées « multi-omiques » sont déjà utilisées en pratique médicale courante dans des maladies graves comme le cancer et permettent :

• De classer les malades en fonction des anomalies responsables de leur maladie

• De prédire l’évolution ou la réponse au traitement de chaque malade

• De développer des médicaments ciblant spécifiquement le principal mécanisme responsable de la maladie mis en cause pour un individu donné.

Ces approches permettent donc de développer une approche personnalisée de la prise en charge de chaque individu appelée aussi médecine de précision. A l’aide du centre de phénomique du CHU d’Amiens spécialisé dans les problèmes rénaux, notre but est de mettre en place cette stratégie (ex: séquençage NGS des gènes des maladies rénales, analyse du métabolome) pour dépister les patients diabétiques à haut risque de développer des complications rénales et de mettre en place une approche préventive de ces complications.