PreciDIAB

Prévention chez les populations à risques

Prévention de l’obésité infantile

Responsable : Dr. Louise Montagne

L’augmentation de la prévalence de l’obésité infantile constitue un enjeu majeur de Santé Publique, exposant les personnes concernées à de nombreuses maladies cardio-vasculaires, métaboliques, articulaires, cancéreuses, et à une augmentation de la mortalité. La prévention généralisée de cette maladie sociétale est difficile à réaliser et il serait sans doute plus efficace d’identifier précocement les personnes à risque pour leur proposer une prévention plus ciblée.

Si à l’échelle sociétale, l’obésité est liée aux récents changements de notre mode de vie (accès facile à une alimentation hypercalorique, combiné à une diminution de l’activité physique), à l’échelle individuelle c’est la génétique qui détermine en grande partie notre corpulence. Dans l’obésité commune, polygénique, l’héritabilité du poids est de 70% et 5% des obésités sont monogéniques.

On peut également prédire à 80% le risque de développer une obésité chez un enfant à partir de données sociales et anthropométriques simples à recueillir dès sa naissance.
Cette étude a pour objet de mettre en place une vaste campagne d’éducation pour la santé et au bien-être des enfants basée sur des actions de prévention primaire et secondaire du surpoids et de l’obésité infantile dans l’ensemble des écoles primaires de la ville de Lille et d’évaluer son efficacité dans différents groupes d’enfants, selon leurs facteurs de risque clinique, génétique, comportementaux et environnementaux.

En plus de son impact sur la prévalence de l’obésité infantile, à long terme nos résultats devraient nous permettre de développer des outils permettant de faciliter le repérage des enfants à risque d’obésité par les équipes de PMI, de médecine scolaire et les travailleurs sociaux. C’est chez ces enfants particulièrement que les efforts de prévention, de suivi et de prise en charge devront être concentrés.

Prévention du diabète gestationnelle

Responsable : Prof. Anne Vambergue
Une des conséquences à long terme du diabète gestationnel (DG) est le risque multiplié par 7 de développer un diabète de type 2 et un risque multiplié par 2 de complications cardio-vasculaires. Depuis 2010, les experts de l’Association Internationale d’études sur le diabète et gestationnel (IADPSG) ont proposé de nouveaux critères de dépistage et de diagnostic du DG en identifiant 2 catégories à savoir le DG précoce et le DG tardif.

Une étude nationale, dont le CHU de Lille est partenaire, vise à évaluer l’intérêt de la prise en charge précoce versus la prise en charge tardive (LEMA-GDM). Dans le cadre du projet PreciDIAB, nous souhaitons suivre les patientes de notre centre qui seront inclues dans ce projet LEMA-GDM afin de déterminer la prévalence des anomalies de la tolérance au glucose chez des patientes ayant eu un DG précoce comparativement au DG tardif.

L’objectif est de proposer ultérieurement, en fonction des résultats, des recommandations personnalisées pour le suivi ultérieur de ces patientes. Ceci est fondamental dans la mesure où la prise en charge au cours de la grossesse est codifiée avec une bonne adhésion des patientes mais que le suivi à long terme ne se fait qu’avec une très faible adhésion des patientes au dépistage ultérieur du diabète. Il n’y a par ailleurs aucun parcours de soin proposé pour le dépistage des événements cardiovasculaires à long terme.

Prévention chez les personnes en situation de précarité

Responsable : Prof. Dr. Jean-Michel Lecerf

La prévalence du diabète dans la région Hauts-de-France est parmi les plus élevées de la métropole et touche 4,7% de la population. Ces chiffres sont encore accentués par les disparités sociales et économiques particulièrement présentes dans notre région avec une prévalence du diabète deux fois plus élevée chez les personnes en situation de précarité.

Les diabétiques ont également un risque plus prononcé de présenter des signes d’un vieillissement accéléré, que ce soit au niveau cardio-vasculaire ou neuronal. Les complications et la surmortalité associées à cette maladie chronique en font donc un enjeu majeur de Santé publique et constitue un axe de recherche et de prévention prioritaire.
Les causes potentielles de l’entrée en diabète et de vieillissement accéléré sont multiples et souvent liées à des facteurs environnementaux (socio-économique notamment), comportementaux (alimentation, sédentarité, habitudes de vie, etc.), cliniques (âge, antécédents médicaux, poids, etc.) ou génétique.

Des interventions destinées à modifier les comportements et ciblant les sujets à risque ont montré des résultats encourageants, mais aucune ne s’est intéressée spécifiquement aux populations les plus défavorisées chez lesquelles la prévalence du diabète est pourtant plus élevée.
Sur la base de ce constat, le Centre National PreciDIAB et l’Institut Pasteur de Lille (IPL) souhaite développer un programme de prévention de l’entrée en diabète et du vieillissement accéléré destiné à des personnes en situation de précarité.

Pour cela, une étude épidémiologique sera réalisée au Centre d’Examens de Santé de l’IPL dans le but de mieux comprendre les facteurs de risques présents dans cette population. Cette étude épidémiologique permettra dans un second temps de déployer un programme de coaching personnalisé ciblant les personnes en situation de précarité les plus à risques afin de prévenir, ou a minima retarder, l’apparition du diabète, du vieillissement accéléré et l’ensemble des complications qui y sont associées.