Sabeena Kalla

Sabeena Kalla

Directrice Scientifique & Evaluation Eurasanté

Sabeena Kalla partage avec nous son parcours et son expertise en tant que Directrice évaluation et valorisation de la recherche au sein d’Eurasanté

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste la valorisation de la recherche et ce qui vous a conduit à vous engager dans ce domaine au sein d’Eurasanté ?

Valoriser la recherche, c’est lui conférer une valeur autre que celle qu’elle a déjà. C’est rendre opérationnels ou commercialisables les connaissances, les compétences et les résultats issus des travaux scientifiques. Dans le domaine de la santé, cela signifie transformer des découvertes en innovations concrètes, utiles à la société : nouveaux traitements, dispositifs médicaux, services de prévention ou outils diagnostiques.

La valorisation passe par plusieurs leviers : le transfert technologique, la création de start-ups, la protection de la propriété intellectuelle, ou encore le développement de partenariats industriels. C’est un processus exigeant, mais essentiel pour rapprocher la recherche du terrain et des besoins des patients.

Mon engagement dans ce domaine s’inscrit dans la continuité de mon parcours universitaire et professionnel. Eurasanté m’a offert un cadre stimulant. Mon métier se situe à la croisée de plusieurs écosystèmes : celui des chercheurs, des doctorants, des entrepreneurs, des industriels, des investisseurs et des partenaires publics. Nous partageons un objectif commun : faire émerger des innovations au service d’une meilleure prévention et d’une meilleure prise en charge des patients.

Quels sont, selon vous, les atouts de la métropole lilloise pour faire émerger de nouveaux projets et encourager l’implantation de nouvelles entreprises ?

La région Hauts-de-France et la métropole lilloise offrent un écosystème dynamique pour répondre aux enjeux majeurs de santé publique, notamment face à la forte prévalence de pathologies chroniques, cardio-métaboliques, de certains cancers et de maladies neurodégénératives.

Parmi les atouts clés :

  • Des acteurs majeurs de la recherche : CHU de Lille, Université de Lille, Institut Pasteur de Lille ;
  • Un site d’excellence : Eurasanté, au cœur du campus hospitalo-universitaire du CHU de Lille ;
  • Un Bio-Incubateur labellisé depuis plus de 25 ans par le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche ;
  • Une filière économique dense et un pôle de compétitivité Clubster NSL, moteur d’innovation collaborative ;
  • Une position centrale en Europe, facilitant les projets transfrontaliers et l’attractivité des chercheurs d’excellence ;
  • Des dispositifs de financement adaptés, portés par la MEL, la Région, Bpifrance et des structures de transfert de technologie.

Ce cadre unique favorise l’émergence de projets innovants, académiques ou entrepreneuriaux, pour répondre aux enjeux de santé publique du territoire. Citons les entreprises comme Genfit, société biopharmaceutique engagée dans l’amélioration de la vie des patients atteints de maladies rares du foie ou encore des projets labellisés, comme TIPITCH qui se concentre sur les étapes clés de la physiopathologie de l’hémorragie cérébrale avec le développement de nouveaux traitements et des parcours de soins adaptés.

Pouvez-vous nous préciser le rôle du Club des Industriels PreciDIAB Initiative et expliquer quelle place il occupe dans l’écosystème de la MEL ?

Le Club des Industriels PreciDIAB Initiative, animé par Eurasanté, est un espace d’échange et de co-construction entre les acteurs industriels, académiques et cliniques.

Il vise à favoriser les synergies, détecter des opportunités collaboratives et accélérer la recherche translationnelle et la genèse de projets innovants.

Le club propose une gamme complète de services et d’expertises techniques, stratégiques et économiques :

  • Le soutien à la conception d’essais cliniques au profit des patients ;
  • L’accompagnement à l’émergence et à la gestion de projets collaboratifs ;
  • Assistance sur tous les aspects des droits de propriété intellectuelle, développement commercial, gestion de projet, réglementation ;
  • Soutien à la réflexion stratégique : financement de l’innovation ;
  • Soutien aux rencontres avec les principaux leaders d’opinion de PreciDIAB.

Quels enseignements retenez-vous des derniers Away Days et en quoi ont-ils constitué une étape importante dans la vie du club ?

Depuis deux éditions, les Away Days réunissent des acteurs engagés dans la lutte contre les pathologies métaboliques mais aussi inflammatoires, dont la prévalence et la sévérité ne cessent de croître. La dernière édition a rassemblé plus de 50 participants, dont une vingtaine de représentants d’entreprises de santé. On observe une fidélisation croissante de certains industriels aux Away Days, notamment parmi les majors de la pharma, tels que Takeda, Novonordisk et Eli Lilly.

Le format des Away Days, à la fois concret et interactif, favorise les synergies entre les acteurs de l’innovation. Il renforce la cohésion des membres du Club, qui compte des industriels de toutes tailles (grand groupe, ETI, start-up) majoritairement intéressés par :

  • La recherche clinique pour des projets de recherche spécifique ou encore pour des collaborations d’abonnement aux cohortes leur permettant de bénéficier d’informations et d’analyses agrégées sur les cohortes inflammatoires chroniques et métaboliques,
  • Les échanges avec les key opinion leaders.

Ainsi, ces évènements sont essentiels à la vie du club puisqu’ils sont un moment privilégié pour l’émergence de nouveaux projets collaboratifs.

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Un blog consacré aux mille et une facettes du diabète.
Edité par Marc Gozlan, journaliste médico-scientifique